Le débat récent sur le blog de Rudy Coia initié par mon article sur le Crossfit a fait ressurgir un terme de moins en moins utilisé en préparation physique. Celui de la PPG, la préparation physique générale. Lors d’une de mes réponses aux commentaires sur le blog de Rudy, je partageais l’idée que le terme de PPG n’était plus judicieux car il ne correspondait pas avec les demandes et les contraintes de sports de compétition. Ce “débat” m’a fait penser à de récentes lectures et discussions sur ce sujet et son évolution.

Deux articles, tout d’abord, rédigés par le préparateur physique Canadien Xavier Roy. Le premier au sujet de sa visite à l’Université Laval pour rencontrer Raymond Veillette (une référence au Canada et bien au-delà) et le second “Se préparer pour ou faire comme ?”.

Le débat, enfin, est celui qui s’est tenu au cours d’une table ronde lors d’une édition des entretiens de l’INSEP sur le thème « Variations et interrogations autour de quelques concepts ». Notamment des propos tenus par Fred Aubert et Jean-Claude Perrin. Ceux-ci en venaient à la conclusion que la PPG était une notion du siècle passé (au sens propre).

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Je continue dans ma série d’entretiens avec des spécialistes de la préparation physique et de la diététique sportive. Cette fois-ci c’est avec Thomas Getin, préparateur physique spécialiste du Basketball.

Xavier Barbier : Bonjour Thomas. Peux-tu te présenter rapidement pour les personnes qui ne te connaissent pas ? Thomas Getin : Salut Xavier, tout d’abord merci à toi d’être venu vers moi pour cette interview et ainsi me permettre de m’exprimer sur ton blog, c’est vraiment cool! Je suis Thomas Gétin, j’ai 30 ans. Je suis un ancien joueur de basket et maintenant préparateur physique, et j’ai une salle de coaching sportif sur Nantes la « Training Academy ».

XB : Ton parcours est particulier puisque tu as une formation américaine. Quelle différence trouves-tu entre l’approche française et nord-américaine ? TG : C’est exact, je suis certifié par la National Strength and Conditioning Association (NSCA) et aussi par la marque Under Armour qui vient de mettre en place une formation de 2 diplômes avec une approche très moderne et fonctionnelle de la préparation physique.

La différence essentielle entre les 2 approches est que dans la philosophie U.S, les pros se remettent sans cesse en question pour avancer toujours plus loin, ils n’hésitent pas à partager leur savoir, à écouter et être ouverts à tout nouveau point de vue, nouvelle étude, etc. Les meilleurs continuent à progresser en apprenant les uns des autres. Et c’est malheureusement tout l’inverse en France, de manière générale. Je suis surpris du nombre de soi-disant experts du fitness (coachs sportifs, profs en salle, préparateurs physiques…) qui ne se remettent jamais en question, ne cherchent pas à s’améliorer ni à continuer à apprendre et à se former.

Aux U.S, il n’y a pas de honte à ne pas connaître ni de honte à être curieux. En France, c’est la culture de la pudeur: je ne montre pas que je ne sais pas, je ne demande pas, je ne suis pas curieux et reste ignorant. Aux U.S, une fois un diplôme en poche, c’est le début de l’aventure. En France, c’est le début de la fin, c’est de l’acquis, métro-boulot-dodo et point final!

XB : Tu as la culture des colloques et des conférences (très courant aux USA, beaucoup moins en France). Tu vas d’ailleurs régulièrement outre-Atlantique pour cela. Pourquoi cette démarche? TG : Oui c’est vrai, je vais en général 3 à 4 fois par an aux USA assister à des conférences, colloques, formations (même si j’aimerais en faire beaucoup plus) pour 3 raisons principales: – continuer à apprendre un maximum des meilleurs au monde dans ce domaine (car je m’en suis fait une priorité) et ainsi bénéficier de leurs différentes expériences très enrichissantes qu’elles soient professionnelles ou personnelles… Cela me permet d’être meilleur dans ce que je fais. De plus, je reste persuadé qu’on apprend plus en essayant et en expérimentant que seulement dans les livres. Ensuite j’essaye de partager ces infos à travers mon blog (www.trainingacademy.fr), avec mes clients et tous ceux qui sont intéressés…

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La préparation physique est un domaine où les connaissances, les compétences, les méthodes et les techniques sont en constante évolution. Lorsque cela est justifié, nous essayons de les faire avancer dans le bon sens, permettant ainsi un meilleure performance en compétition.

Cela fait partie du métier de préparateur physique que de se tenir informé de ces évolutions. Je ne peux pas me cantonner à proposer toujours et encore la même chose (il n’y a que David Guetta qui peut se permettre de refaire toujours et encore la même chose !).

L’important lorsque l’on change, c’est de savoir si cela est justifié. Parfois, certains devraient éviter trop de changements (suivez mon regard).

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Question : qu’est-ce que l’entrainement « cardio » ?  

Ma réponse :

L’entrainement « cardio » est un terme particulièrement employé dans le milieu sportif. Ce terme est en provenance directe des centres de remise en forme et des salles de musculation. Pour les personnes fréquentant ces structures, le cardio signifie le travail cardio-vasculaire.

Nous sommes tous d’accord sur l’intérêt d’entretenir un ensemble cœur-poumons solide, aussi bien pour ceux dont l’objectif est de rester en forme que pour ceux qui pratiquent des sports de force. L’entrainement « cardio » est généralement effectué à travers un effort faiblement ou modérément intense sur tapis de course ou vélo.

Cependant, le terme « cardio » est profondément opaque. Toute activité physique sollicite le cœur, ceci que l’effort soit continu, une alternance de phases d’efforts plus ou moins intenses, ou intermittent (alternance effort / repos). Musculation, natation, vélo, course ou marche, dès que vous faites un effort, votre cœur travaille plus qu’au repos.

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Crossfit est un terme dont vous avez certainement entendu parler. Il y a un tel buzz autour de ce sport que certains ont même titré qu’il était la révolution de la préparation physique.

Ok, autant être honnête dès le début : je n’aime pas le crossfit pour les sportifs de compétition. Je pense néanmoins que ce sont des solutions qui peuvent être viables pour la population générale. Voici pourquoi :

1-Non spécifique La définition même de la préparation physique est de développer les qualités physiques spécifiques pour un sport. La définition même du Crossfit est la non spécialisation. Je pense que vous sentez comme une certaine contradiction. Force, vitesse et endurance sont des qualités que l’on ne peut pas développer de manière optimale au même moment. Cela ne tient pas la route d’un point de vue physiologique.

2- Programme uniforme Lorsque l’on regarde l’argumentaire autour du Crossfit, on vous dit que c’est utilisé aussi bien par des mères au foyer ou des militaires, parfois dans la même séance. Tout d’abord, j’ai un peu de mal à imaginer la motivation qui pourrait pousser ma mère à s’entrainer comme les militaires (surtout pour s’habiller en treillis). Enfin, lorsque militaires et mères au foyer se retrouvent côte à côte lors des séances, comment peut-on appliquer la même pédagogie sur ces deux publics aux besoins différents ? Il en va de même pour des sportifs.

3- Déséquilibre musculaire, posture et prévention des blessures La plupart des préparateurs physiques s’accorde sur le fait que l’intégration de notions issues du champ kinésithérapie dans un aspect préventif et l’individualisation à l’extrême des programmes d’entrainement, sont les évolutions majeures qu’a subie la préparation physique ces dernières années. Je ne vois rien de cela dans le Crossfit.

4 – Qualité répétition En gardant à l’esprit le point précédent, on comprend que les préparateurs physiques portent une attention sur la qualité avant la quantité. Qualité de mouvement, de déplacement et d’exécution. Le Crossfit demande un grand nombre de répétitions pour chacun des exercices. Cela ne permet pas de respecter cette priorité à mettre sur la qualité. C’est un point d’inquiétude avec les exercices explosifs ou d’haltérophilie, car ils nécessitent une grande implication nerveuse du pratiquant. Fatigue = mauvaise technique = blessure.

5 – Qualités energétiques C’est un fait à présent, la majorité des sports sont de nature intermittente, c’est-à-dire que leurs pratiquants alternent les efforts brefs et intenses avec des périodes de repos. Je l’admets, certains sports de « résistance » où l’on doit maintenir un effort pendant plusieurs minutes, pourraient trouver un intérêt dans le Crossfit. Cependant, cela n’a pas vraiment grand chose de nouveau pour ces sports qui pratiquent déjà des séances de résistance de force (sous forme de circuit). Ceci bien avant que le Crossfit ne soit Crossfit. Il n’y a pas besoin ici de ré-inventer la roue…

6- C’est un sport Le Crossfit est un sport, avec ses compétitions. Pourquoi donc aller chercher dans un sport une préparation physique pour votre sport ? Une bonne question à laquelle il n’y a pas de réponse. Cette réflexion de Frédéric Aubert (INSEP-FFBB) résume tout : « déborder la dimension spécifique du sport revient au plan énergétique et musculaire à se tromper d’effort, d’allure et, par conséquent, de performance ».

J’ai me suis déjà exprimé sur le fait qu’il n’y a pas de méthode miracle. Uniquement une bonne planification avec un bon programme. Puis de l’investissement et du travail.

Il est difficile pour moi de déconseiller ou non une méthode. Tous les préparateurs physiques ont leurs préférences basées sur leur vécu et leur expérience. La manière dont je prépare les sportifs avec lesquels je travaille à certainement des influences, mais en aucun cas n’est une copie conforme d’un de mes collègues. Chaque approche est unique et chaque programme est unique pour chacun des sportifs que je prépare. Certes ils ont parfois des similitudes, mais fondées sur leurs besoins, leurs objectifs et leur expérience. Leurs programmes ne sont jamais à 100% identiques.

En conclusion, je déconseillerais aux sportifs de compétition de se jeter sur le Crossfit dans l’objectif de se préparer pour leurs compétitions (au risque de recevoir de nombreux messages de protestation !).

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